Club Costa Tropical · El Diario
Serranía de la Contraviesa: La epopeya heroica de un terroir de altura
Accroché aux crêtes de la chaîne côtière qui surplombe la Costa Tropical, le vignoble de la Contraviesa constitue l’un des terroirs viticoles les plus singuliers d’Europe. Entre 800 et plus de 1 300 mètres d’altitude, battus par les brises méditerranéennes et ancrés dans des sols schisteux et pauvre
Accroché aux crêtes de la chaîne côtière qui surplombe la Costa Tropical, le vignoble de la Contraviesa constitue l’un des terroirs viticoles les plus singuliers d’Europe. Entre 800 et plus de 1 300 mètres d’altitude, battus par les brises méditerranéennes et ancrés dans des sols schisteux et pauvres, ses ceps racontent deux millénaires d’adaptation, de déclin et de renaissance.
Des origines antiques aux terrasses de Al-Andalus
L’histoire viticole de la région remonte aux comptoirs phéniciens et romains établis le long du littoral (Sexi-Almuñécar et Salobreña), qui expédiaient déjà le vin des collines environnantes à travers la Méditerranée.
Sous la période d’Al-Andalus, malgré les préceptes religieux réduisant la consommation de vin, la culture de la vigne se maintient pour la consommation de raisins frais et de moûts concentrés. C’est durant cette époque que le paysage de la Contraviesa se structure définitivement : les habitants bâtissent les bancales (terrasses soutenues par d’étroits murs de pierre sèche), indispensables pour retenir les sols rares sur ces pentes vertigineuses et capter l’eau de ruissellement.
L'âge d'or du XIXᵉ siècle et le choc du phylloxéra
Le XIXᵉ siècle marque l'apogée économique de la viticulture locale. La Contraviesa devient alors un puissant fournisseur de vin fort, exporté en quantité depuis les ports côtiers de Castell de Ferro, Motril et Adra vers l'Europe du Nord et les Amériques. Les vins locaux servent à l'époque de liant et de renfort aux récoltes continentales affaiblies.
Cette prospérité s'effondre brutalement à la fin du XIXᵉ siècle avec l'arrivée du phylloxéra. L'épidémie détruit le vignoble, provoquant un exode rural massif et l'abandon progressif des terrasses. Durant une grande partie du XXᵉ siècle, la production se replie sur une consommation locale et familiale, matérialisée par le traditionnel vino de costa.
La renaissance : le pari de l'altitude et de la Vigiriega
Il aura fallu l'impulsion de vignerons indépendants à partir des années 1990 pour redonner à ce vignoble ses lettres de noblesse. Le terroir de la Contraviesa s’appuie aujourd’hui sur un atout géographique majeur : son altitude. Les fortes amplitudes thermiques entre des journées ensoleillées et des nuits fraîches apportent aux raisins une acidité et une fraîcheur rares sous ces latitudes méridionales.
Le symbole le plus frappant de ce renouveau est la Vigiriega, un cépage blanc autochtone pré-phylloxérique pratiquement préservé nulle part ailleurs. Associé aux cépages traditionnels (Garnacha, Jaén Blanco) et complété par des appellations intégrées à la DOP Granada, le vin de la Contraviesa s'impose désormais sur les tables gastronomiques comme l'expression minérale et pure d'un vignoble extrême.
