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Le Journal jeudi 13 août 2026

Sentiers qui freinent la dépopulation dans l'Alpujarra de Motril

Alejandro

Alejandro Ortega

Chroniqueur Officiel du Club

Dans les hameaux de Motril, comme Cázulas ou Los Tablones, la randonnée attire 12 000 visiteurs annuels et ouvre une voie contre l'abandon rural. ## La Alpujarra de Motril : un territoire menacé de désertification La baisse démographique dans les hameaux de l'Alpujarra rattachés à Motril n'est

Sentiers qui freinent la dépopulation dans l'Alpujarra de Motril

Dans les hameaux de Motril, comme Cázulas ou Los Tablones, la randonnée attire 12 000 visiteurs annuels et ouvre une voie contre l'abandon rural.

La Alpujarra de Motril : un territoire menacé de désertification

La baisse démographique dans les hameaux de l'Alpujarra rattachés à Motril n'est pas un phénomène récent, mais le résultat d'un processus d'érosion silencieuse qui s'étire depuis des décennies. Des noyaux de population comme Cázulas, Los Tablones ou Puntalón, autrefois soutenus par une agriculture de petites parcelles et la culture en sec, ont vu leurs effectifs s'effondrer jusqu'à se situer, selon les dernières données de l'INE, bien en dessous des 200 habitants recensés. La rentabilité des terres, épuisée par le manque de relève générationnelle et la mécanisation des grandes exploitations du littoral, a poussé les jeunes à chercher des opportunités sur la côte ou dans les chefs-lieux de province.

Ce vide progressif place ces localités dans une position de vulnérabilité extrême. La Loi sur la Désertification de l'Andalousie fixe le seuil de 3 000 habitants pour déclarer une commune en risque, un chiffre qui multiplie par quinze la population réelle de ces hameaux, qui dépendent administrativement de Motril. Le manque de services de base agit comme un mécanisme d'expulsion : l'absence de centres éducatifs, de commerces de proximité ou d'un réseau de transport public efficace transforme la vie quotidienne en exercice de résistance pour les rares habitants qui restent.

L'abandon de l'agriculture traditionnelle a eu un effet domino sur le tissu social et économique du territoire. Les canaux d'irrigation d'origine mauresque, qui pendant des siècles ont structuré le paysage et l'économie locale, se détériorent faute de mains pour les entretenir, tandis que les terrasses de culture se couvrent de broussailles. La désertification n'efface pas seulement des habitants des registres municipaux, elle érode aussi un paysage culturel construit au fil des générations, un patrimoine que l'on tente désormais de revaloriser sous d'autres angles, comme la randonnée ou le tourisme rural.

La pression urbanistique du littoral de Motril, à peine à vingt minutes en voiture, a agi comme un aimant irrésistible pour les nouvelles générations. Le contraste entre l'offre d'emploi et de loisirs de la côte et la quiétude des sommets de l'Alpujarra a fait pencher la balance de manière décisive. Pendant que les communes côtières croissent et diversifient leur économie, les hameaux de l'intérieur se transforment en refuges de week-end ou en résidences secondaires, un usage saisonnier qui ne génère ni tissu social permanent ni demande de services stables.

Les administrations publiques sont conscientes de la gravité de la situation, même si les solutions tardent à se concrétiser sur le terrain. La Députation de Grenade et la mairie de Motril elle-même ont inclus ces hameaux dans leurs stratégies contre la désertification, avec des programmes d'aides à la réhabilitation de logements ou la promotion de leurs ressources naturelles. Cependant, les habitants dénoncent que les mesures arrivent au compte-gouttes et que la bureaucratie freine des initiatives qui pourraient fixer la population, comme la création d'hébergements ruraux ou la remise en culture de potagers pour l'autoconsommation.

L'avenir de ces localités se joue dans la capacité à générer un modèle économique alternatif qui ne dépende pas exclusivement de l'agriculture traditionnelle. La proximité de la côte et l'existence d'un patrimoine naturel et ethnographique singulier sont des atouts qui, bien gérés, pourraient attirer de nouveaux habitants. Mais le temps presse : chaque fermeture de bar, chaque maison qui s'effondre, chaque personne âgée qui décède sans relève, consolide une dynamique de déclin très difficile à inverser.

Vía Verde de la Costa Tropical : un couloir qui connecte et redynamise

L'ancien tracé du chemin de fer Motril-Granada, fermé dans les années quatre-vingt, a renaît sous une nouvelle identité. La Vía Verde de la Costa Tropical est devenue un couloir de vie qui serpente entre le littoral et les premiers contreforts de l'Alpujarra, sauvant de l'oubli un patrimoine ferroviaire qui, pendant des décennies, a été le pouls économique de la région. Le tronçon déjà réhabilité entre Motril et Vélez de Benaudalla enregistre plus de 50 000 usages annuels, un chiffre qui témoigne de la consolidation de cet itinéraire comme infrastructure de loisirs et de mobilité quotidienne, selon les données du Consorcio de la Vía Verde.

Ce tracé d'environ douze kilomètres longe le cours du fleuve Guadalfeo, offrant un paysage changeant où les cultures subtropicales laissent place aux falaises calcaires et aux tunnels qui autrefois perçaient la montagne. La réhabilitation a respecté les éléments d'origine de la ligne, comme les gares de Puntalón et Los Tablones, qui fonctionnent désormais comme des aires de repos et des points d'information pour les usagers. Le revêtement, compacté et accessible, permet aux cyclistes, aux randonneurs et aux personnes à mobilité réduite de profiter d'un parcours sûr, loin de la circulation routière.

La connexion avec les hameaux de l'Alpujarra de Motril est l'un des aspects les plus importants de ce projet. La Vía Verde agit comme un axe structurant qui relie des noyaux comme Puntalón, Tablones ou Vélez de Benaudalla lui-même, facilitant les déplacements des habitants qui résident encore dans ces petites localités. Pour beaucoup d'entre eux, ce couloir est devenu une véritable alternative au véhicule privé pour leurs trajets quotidiens, que ce soit pour se rendre au centre de santé, effectuer des démarches administratives ou simplement pour maintenir vivant le lien avec la capitale côtière.

L'impact touristique de l'infrastructure se perçoit clairement dans les commerces locaux. Les établissements de restauration de Vélez de Benaudalla ont vu leur clientèle augmenter pendant les week-ends, attirée par un public qui combine la pratique sportive avec la découverte gastronomique de la région. Les hébergements ruraux des hameaux intermédiaires commencent à recevoir des réservations de visiteurs à la recherche d'une expérience différente, loin du tourisme de masse du littoral, et qui trouvent dans ce couloir vert le fil conducteur idéal pour explorer l'intérieur des terres.

La projection de la Vía Verde vers l'Alpujarra représente une opportunité stratégique pour freiner la dépopulation. Le Consorcio travaille sur la prolongation du tracé vers Órgiva, la capitale historique de la région, un tronçon qui traverserait les municipalités les plus touchées par la perte d'habitants. Cette extension, qui suit l'ancien couloir du chemin de fer, permettrait de relier directement le littoral à la moyenne Alpujarra, créant un axe de mobilité durable qui faciliterait l'arrivée de nouveaux résidents attirés par la qualité de vie de la zone.

Les études préliminaires pour cette prolongation prévoient la récupération de plusieurs tunnels et viaducs qui franchissent les dénivelés de la géographie alpujarrienne, un défi technique qui a nécessité un travail d'ingénierie minutieux. Les administrations impliquées, parmi lesquelles la Diputación de Granada et les municipalités de la région, ont montré leur engagement envers un projet qu'elles considèrent fondamental pour le développement économique de l'intérieur. Le financement européen, via les fonds de relance, pourrait couvrir une partie substantielle des coûts de cette ambitieuse infrastructure.

Au-delà de sa fonction touristique, la Vía Verde se profile comme un élément clé de la stratégie de fixation de la population. La possibilité de vivre dans un environnement rural et de se déplacer de manière durable jusqu'aux noyaux urbains change la donne pour ceux qui télétravaillent ou exercent des professions liées au secteur des services. La combinaison de logements réhabilités à des prix abordables, d'un environnement naturel privilégié et d'une connexion directe avec la côte fait des hameaux traversés par ce couloir une destination attractive pour de nouveaux habitants.

Le phénomène n'est pas exclusif à cette région de Grenade, mais il y prend des nuances particulières. La proximité avec Motril, une ville de plus de 58 000 habitants, garantit l'accès aux services sanitaires, éducatifs et commerciaux sans renoncer à la tranquillité de l'environnement rural. La Vía Verde agit comme ce fil invisible qui unit deux réalités apparemment opposées, démontrant que la dépopulation n'est pas une destination inévitable mais le résultat d'un manque d'infrastructures et d'opportunités.

Les données d'utilisation du tronçon déjà opérationnel invitent à l'optimisme. Les 50 000 utilisations annuelles se répartissent de manière équilibrée entre les mois de haute saison et ceux d'hiver, ce qui indique qu'il ne s'agit pas d'un phénomène saisonnier mais d'une infrastructure pleinement intégrée dans la vie de la région. Les écoles de la zone organisent des sorties pédagogiques sur le tracé, les clubs cyclistes ont établi des parcours réguliers et de nombreux habitants ont adopté ce couloir comme leur espace habituel pour l'exercice physique.

La récupération du patrimoine ferroviaire a également une valeur symbolique indéniable. Les anciennes gares, les ponts en fer et les tunnels creusés à la main pendant la dictature de Primo de Rivera constituent un héritage historique qui mérite d'être préservé. La Vía Verde ne récupère pas seulement une infrastructure de transport, elle sauve aussi la mémoire de toute une époque où le chemin de fer représentait l'espoir de progrès pour ces terres. Chaque kilomètre réhabilité est un hommage à ces travailleurs qui ont construit une ligne ferroviaire considérée à l'époque comme l'une des plus complexes d'Espagne en raison de son orographie.

L'avenir immédiat passe par la consolidation des acquis et l'élargissement du rayon d'action de ce couloir. La connexion avec le réseau de sentiers de l'Alpujarra, qui compte déjà des itinéraires établis comme le GR-7 ou le Sendero de los Cahorros, permettrait de créer un maillage d'itinéraires qui renforcerait encore l'attrait de la zone. La coordination entre les différentes administrations et l'implication du secteur privé seront déterminantes pour que ce projet ne reste pas une simple anecdote touristique, mais devienne le moteur d'une transformation profonde du territoire.

Ruta de los Tajos : un sentier qui revalorise le patrimoine rural

L'ascension par la Ruta de los Tajos exige du respect, mais récompense au centuple le randonneur qui ose regarder vers le bas. Le sentier s'accroche à la roche, découpé sur le vide, et longe les falaises qui séparent les sommets de l'Alpujarra de Motril de la mer que l'on devine au loin. C'est, probablement, l'expérience la plus verticale et la plus saisissante que la région puisse offrir, et cette réputation a fini par en faire l'une des plus prisées des amateurs de randonnée. Les données de l'Association de Randonnée de Motril confirment le phénomène : le parcours a enregistré une augmentation de trente pour cent du nombre de visiteurs au cours des deux dernières années, un chiffre qui a attiré l'attention des municipalités de la zone.

Cette croissance n'est pas le fruit du hasard, mais d'un travail de réhabilitation qui a su regarder vers le passé pour construire l'avenir. Le tracé emprunte d'anciens chemins de muletiers qui, pendant des siècles, ont relié les hameaux aux fermes et aux terrasses cultivées, et que l'abandon avait peu à peu effacés de la carte. La réhabilitation a également mis au jour un système de canaux d'irrigation d'origine mauresque qui arrose encore les vergers, et a consolidé les constructions en pierre sèche qui jalonnent le parcours, des murs de soutènement aux abris de bergers. Tout ce patrimoine, qui pendant des décennies a été considéré comme un simple vestige du passé, est devenu aujourd'hui le principal atout d'un territoire qui cherche des alternatives à la dépopulation.

La réponse institutionnelle ne s'est pas fait attendre. Les municipalités de l'Alpujarra de Motril ont compris que la valorisation de ces ressources est un investissement stratégique, et ont alloué des budgets à l'entretien et à la signalisation du sentier. Les panneaux d'information qui jalonnent le parcours expliquent au visiteur la fonction de chaque élément patrimonial, du canal qui achemine l'eau de fonte des neiges aux vestiges d'une aire de battage. De cette manière, le parcours cesse d'être un simple exercice physique pour devenir un voyage au cœur d'une culture agricole qui refuse de disparaître.

Le profil du randonneur qui arrive jusqu'à ces gorges a également changé ces derniers temps. Si autrefois prédominait le visiteur occasionnel, attiré par la spectacularité du paysage, il est désormais fréquent de rencontrer des groupes organisés qui recherchent une expérience plus complète, alliant l'effort à la connaissance du territoire. Les entreprises de tourisme actif de la région ont intégré le parcours à leurs catalogues, et les hébergements ruraux le proposent comme l'un des principaux attraits de la zone. Le résultat est un flux constant de personnes qui, dans de nombreux cas, prolongent leur séjour et consomment dans les commerces et restaurants des hameaux.

La conservation de ce patrimoine n'est cependant pas une tâche achevée. L'entretien des murs en pierre sèche requiert un savoir-faire qui est en train de se perdre, et les canaux d'irrigation nécessitent un nettoyage périodique pour remplir leur fonction. Les municipalités ont commencé à collaborer avec les associations de riverains et avec les propriétaires des exploitations pour garantir que le sentier soit maintenu dans des conditions optimales, mais tous sont conscients que le succès de l'initiative dépend de l'implication de la communauté locale. Le parcours, en définitive, a démontré que le patrimoine rural peut être un moteur de développement, mais aussi que sa conservation exige un engagement constant.

L'expérience de la Ruta de los Tajos a servi de modèle pour d'autres initiatives similaires dans la région, qui ont vu dans la randonnée une voie pour enrayer la saignée démographique. Les chemins qui, pendant des siècles, furent la seule connexion entre les villages et l'extérieur sont devenus aujourd'hui une opportunité économique, et les habitants ont commencé à regarder d'un autre œil des ressources qu'ils avaient toujours eues sous les yeux. Le sentier, qui n'était autrefois qu'un simple passage entre les champs, est aujourd'hui un argument pour rester et un attrait pour ceux qui recherchent un tourisme différent, loin de l'agitation de la côte.

Témoignages de maires délégués : entre nostalgie et espérance

Le soleil de fin de matinée réchauffe à peine les ruelles pavées de Cázulas lorsque son maire délégué, José Antonio Rodríguez, pointe du doigt la porte fraîchement peinte d'une maison rurale. « Ici, il n'y avait rien il y a cinq ans », dit-il avec un mélange de fierté et de prudence. Ce hameau dépendant de Motril, qui dépasse à peine les quatre-vingts habitants recensés, a vu ouvrir deux hébergements ruraux au cours des trois dernières années, un signe que quelque chose bouge dans ce coin de l'Alpujarra qui, pendant des décennies, ne connaissait que la direction de la sortie.

L'édile, qui cumule son mandat avec les travaux agricoles, rappelle que la randonnée a apporté « un vent nouveau » dans des rues qui semblaient condamnées au silence. Les week-ends, des groupes de marcheurs parcourent la Route des Gorges puis s'arrêtent au bar du village, le seul commerce qui résiste. Cette petite injection économique, bien qu'irrégulière, a redonné vie à une place que, pendant les jours ouvrables, ne fréquentent que les anciens et quelque enfant pendant les vacances.

À Los Tablones, l'histoire se répète avec ses propres nuances. Son maire délégué, Francisco Martínez, a impulsé la restauration de l'ancien four à pain, une infrastructure qui, pendant des générations, fut le cœur social du hameau et qui s'offre désormais comme attraction touristique. « Les gens veulent voir comment on faisait le pain autrefois », explique Martínez, qui a transformé le vieux bâtiment en point de rencontre entre visiteurs et habitants. L'initiative a connu un tel succès qu'ils envisagent déjà d'organiser des ateliers périodiques pendant la haute saison de randonnée.

Les deux édiles s'accordent à dire que le phénomène n'est pas le fruit du hasard. Le balisage des sentiers, la promotion institutionnelle et le bouche-à-oreille parmi les amateurs de montagne ont placé ces hameaux sur la carte de ceux qui recherchent une nature authentique. Cependant, ils partagent aussi une préoccupation : le tourisme de passage ne suffit pas à inverser la dépopulation si l'on ne résout pas les problèmes structurels que leurs communes traînent depuis des décennies.

Le manque de transports en commun est, pour tous deux, le chantier le plus urgent. Celui qui n'a pas de voiture particulière se retrouve pratiquement isolé, dépendant de la générosité des voisins ou d'horaires de bus qui n'existent pratiquement pas. « Un jeune ne vient pas s'installer ici s'il n'a aucun moyen d'aller travailler à Motril ou à Grenade », raisonne Rodríguez, qui voit la population de Cázulas vieillir sans relève générationnelle en vue. La connexion avec le chef-lieu de comarque est vitale pour tout projet de vie ; aujourd'hui, cette connexion est un privilège, pas un droit.

La couverture mobile constitue l'autre grand cheval de bataille. En plein XXIe siècle, avec le télétravail comme option réelle pour de nombreux professionnels, les hameaux de l'Alpujarra de Motril restent des zones d'ombre numérique. Les appels sont coupés, les données ne chargent pas et toute démarche en ligne devient une odyssée. Martínez le résume d'une phrase sans appel : « Il est difficile de demander à quelqu'un de s'installer ici quand il ne peut même pas répondre à un courriel depuis chez lui. » Cette carence, dénoncée à maintes reprises auprès de la mairie de Motril, n'a toujours pas de solution à court terme.

Malgré les difficultés, les deux maires délégués tiennent un discours où l'espérance pèse plus lourd que la nostalgie. Tous deux ont vu la randonnée éveiller l'intérêt de personnes cherchant une résidence secondaire ou un projet de vie alternatif à la ville. Les maisons qui, pendant des années, sont restées fermées à clé et couvertes de toiles d'araignée commencent à montrer des signes de vie, même si c'est de façon intermittente. « Nous ne sommes pas un village mort, nous sommes un village qui respire plus lentement », nuance Rodríguez, qui préfère parler d'opportunités plutôt que de lamentations.

La clé, s'accordent-ils, est que les administrations comprennent que la randonnée n'est pas une fin en soi, mais une porte d'entrée vers quelque chose de plus grand. Un visiteur qui arrive à pied peut devenir un futur résident s'il trouve les conditions adéquates. Et ces conditions passent par des services de base qui brillent aujourd'hui par leur absence. En attendant, les habitants de Cázulas et de Los Tablones continuent de jouer les hôtes, montrant leurs villages avec fierté et espérant que l'effort collectif portera ses fruits.

La conversation avec les deux édiles laisse une impression claire : la dépopulation ne se combat pas seulement avec des sentiers balisés ni avec des brochures touristiques. Elle se combat avec des politiques courageuses qui garantissent la connectivité, la mobilité et les services essentiels. La randonnée a ouvert une fenêtre d'opportunité, mais la fenêtre peut se refermer si l'on n'agit pas avec détermination. Dans leurs paroles, il y a un mélange de gratitude pour ce qui a été accompli et d'urgence pour ce qui reste à faire.

Vecinos que se quedan: historias de arraigo y emprendimiento

El bar de María en Motril cerraba a las dos de la madrugada los fines de semana, pero el cansancio de servir copas no le impedía soñar con otra vida. Hace tres años, esta vecina de 45 años cambió la barra por las llaves de un albergue rural en Puntalón, una pedanía donde el silencio pesa tanto como la historia. Su establecimiento, con capacidad para una docena de huéspedes, se llena cada primavera con caminantes que recorren los senderos que unen la costa con las cumbres de Sierra Nevada.

La decisión de María no fue un arrebato romántico, sino una apuesta calculada tras observar durante años cómo los grupos de senderistas pasaban por Puntalón sin un lugar donde descansar. El albergue ofrece ahora literas, desayunos con productos de la zona y un punto de información sobre las rutas que atraviesan el valle. Los ingresos, reconoce, no alcanzan las cifras del bar, pero el balance entre calidad de vida y trabajo compensa con creces el cambio.

A pocos kilómetros, Juan, de 60 años, ha protagonizado la otra cara de esta moneda: la del regreso a la tierra. Heredó de sus padres unas parcelas de secano que llevaban dos décadas abandonadas, invadidas por el matorral y la maleza. En lugar de venderlas a un fondo de inversión, decidió recuperarlas y plantarlas de aguacates, un cultivo que en la Alpujarra de Motril encuentra un microclima privilegiado gracias a la cercanía del mar.

La producción de Juan no termina en la cooperativa, sino que viaja directamente a los restaurantes de la costa granadina, donde el aguacate de proximidad se ha convertido en un reclamo gastronómico. Sus árboles, que ya producen unas cuatro toneladas anuales, dan trabajo de forma temporal a tres vecinos de la pedanía durante la recolección. El negocio, dice, no le hará rico, pero le permite vivir donde creció y mantener vivo un paisaje que sin agricultura se convertiría en un erial.

Estas dos historias ilustran una tendencia que los técnicos municipales observan con cautela: el senderismo no solo trae visitantes que gastan en bares y tiendas, sino que también genera un ecosistema de oportunidades para quienes deciden quedarse. Los albergues, las casas rurales y los pequeños productores se benefician de un flujo constante de caminantes que buscan experiencias auténticas, lejos del turismo masivo de la costa.

El arraigo, sin embargo, no es un sentimiento abstracto, sino una decisión que implica superar obstáculos concretos. María tuvo que reformar un edificio antiguo con sus propios ahorros y enfrentarse a una burocracia que, en su opinión, no está pensada para los pequeños emprendedores rurales. Juan, por su parte, invirtió tres años en acondicionar el terreno y esperar a que los aguacates empezaran a dar fruto, un periodo sin ingresos que no todos pueden permitirse.

Las administraciones han comenzado a tomar nota de estas experiencias. El programa de senderismo de Almuñécar, que organiza rutas mensuales por la comarca, ha incluido en su calendario paradas en negocios locales como el albergue de María o la finca de Juan. La idea, explican los organizadores, es que los participantes conozcan de primera mano el trabajo de quienes mantienen vivo el territorio, y no solo el paisaje.

Los testimonios de estos emprendedores coinciden en un punto: la despoblación no se combate solo con infraestructuras, sino con la creación de un tejido económico que haga viable la vida en las pedanías. El senderismo, en este sentido, actúa como un catalizador que pone en valor recursos que siempre han estado ahí, pero que necesitaban una demanda para convertirse en sustento.

María ya piensa en ampliar el albergue con un pequeño huerto para dar de comer a sus huéspedes, mientras que Juan estudia la posibilidad de abrir una tienda online para vender sus aguacates fuera de la provincia. Ambos saben que su éxito no depende solo de su esfuerzo, sino también de que los senderos sigan atrayendo visitantes año tras año. Por eso colaboran con las asociaciones de vecinos y con los ayuntamientos para mantener limpios los caminos y señalizadas las rutas.

La apuesta de estos vecinos no ha pasado desapercibida para los más jóvenes. En Puntalón, dos hermanos de veintitantos años han empezado a rehabilitar una casa familiar con la idea de convertirla en una casa de turismo rural. Su proyecto, todavía en fase inicial, se inspira directamente en el ejemplo de María, que ha demostrado que es posible ganarse la vida en un pueblo de menos de doscientos habitantes.

El futuro de la Alpujarra de Motril, sugieren estas historias, no pasa por recuperar las cifras de población de hace medio siglo, sino por construir un modelo sostenible donde cada vecino que se queda genera un efecto multiplicador. Un albergue atrae a caminantes, esos caminantes compran aguacates, y esos aguacates dan trabajo a los recolectores. La cadena es frágil, pero funciona, y cada eslabón que se suma refuerza al conjunto.

Mientras el sol se pone tras las montañas, María prepara las habitaciones para un grupo de alemanes que llegará al día siguiente. Juan riega sus árboles con el agua de la acequia que sus abuelos ya utilizaban. Ninguno de los dos piensa en marcharse, y esa obstinación silenciosa es, quizá, la mejor noticia para una comarca que se resiste a desaparecer del mapa.

L'essor de la randonnée : des chiffres qui invitent à l'optimisme

Les chiffres dessinent un panorama qui contredit la tendance générale de la comarque. Selon les registres de la Fédération Andalouse de Montagnisme, le nombre de randonneurs sur la Costa Tropical a augmenté de 25 % au cours des cinq dernières années, une progression dont l'Alpujarra de Motril constitue l'épicentre principal. Les sentiers de la zone, avec la Vía Verde et la Ruta de los Tajos en tête, concentrent 40 % des visites de toute la comarque, ce qui fait de ces chemins le principal atout touristique de l'intérieur motrileño.

L'Office de Tourisme de Motril dispose de chiffres qui renforcent cette tendance. 60 % des touristes qui visitent la zone effectuent une randonnée pendant leur séjour, et ce qui est plus significatif encore pour l'économie locale : 30 % d'entre eux passent la nuit dans les pedanías. Cette donnée rompt avec la dynamique historique du tourisme de soleil et de plage, où le visiteur se contentait de descendre sur la côte à la tombée du soir, laissant les villages de l'intérieur comme un simple décor de passage.

Le profil du randonneur qui arrive dans l'Alpujarra de Motril a évolué ces dernières années. Il ne s'agit plus uniquement de l'excursionniste occasionnel qui cherche une activité complémentaire à ses jours de plage, mais d'un voyageur plus spécialisé, qui planifie son itinéraire à l'avance et qui valorise l'authenticité du paysage et la tranquillité des noyaux ruraux. La Vía Verde, qui longe l'ancien tracé du chemin de fer, est devenue la porte d'entrée idéale pour ceux qui s'initient à cette pratique, tandis que la Ruta de los Tajos attire les marcheurs les plus expérimentés, ceux qui recherchent la difficulté technique et les vues vertigineuses sur la vallée.

L'impact économique de cet afflux se fait sentir dans les petits établissements des pedanías. Les bars et maisons rurales de Cázulas, Lobres ou Puntalón ont vu leur clientèle augmenter en dehors de la saison estivale, un phénomène impensable il y a une décennie. Les week-ends de printemps et d'automne, les places de ces villages se remplissent de voitures immatriculées à Grenade, Malaga et Madrid, et les commerces locaux ont appris à adapter leurs horaires et leurs offres à ce nouveau profil de visiteur.

La saisonnalité reste un défi à relever, mais les données indiquent que la randonnée contribue à en atténuer la courbe. Si traditionnellement l'activité touristique se concentrait en juillet et août, les mois de mars, avril, mai, septembre et octobre enregistrent désormais une occupation notable sur les sentiers et dans les hébergements ruraux. Cette répartition plus équilibrée tout au long de l'année permet aux commerces locaux de maintenir une activité plus constante, ce qui génère à son tour des emplois stables plutôt que des contrats temporaires liés exclusivement à l'été.

Les administrations publiques ont pris note de cette tendance et ont commencé à investir dans l'amélioration de la signalisation et l'entretien des sentiers. La Junta de Andalucía, à travers son programme d'harmonisation des itinéraires, a travaillé à l'unification des panneaux d'information et à la création de nouveaux tracés reliant les noyaux de population aux points d'intérêt paysager les plus remarquables. Ces actions, bien qu'encore insuffisantes, ont contribué à rendre les sentiers de l'Alpujarra de Motril plus accessibles et plus sûrs, un facteur que les experts considèrent comme clé pour maintenir la croissance du nombre de visiteurs.

Le phénomène n'est pas exclusif à cette comarque, mais il y prend une dimension particulière en raison du contexte de dépeuplement dans lequel il s'inscrit. Alors que les recensements municipaux continuent de baisser, les chemins enregistrent un trafic croissant de personnes qui, bien qu'elles ne restent pas y vivre, laissent un bénéfice économique qui contribue à maintenir les services de base dans les villages. Le lien entre randonnée et repeuplement n'est pas direct, mais les maires de pedanías consultés s'accordent à dire que sans cette activité, la situation de leurs localités serait encore plus critique.

Les données de la Fédération Andalouse de Montagnisme révèlent également un changement dans la provenance des randonneurs. Si il y a une décennie le visiteur était majoritairement britannique ou allemand, le poids s'est désormais déplacé vers le tourisme national, avec une présence particulière d'Andalous et de Madrilènes. Ce changement a des implications positives pour la zone : le visiteur national a tendance à revenir, à recommander les destinations à son entourage et à dépenser davantage dans l'économie locale que le touriste international qui arrive avec un forfait tout compris depuis son pays d'origine.

La consolidation de ce modèle dépendra de la capacité des administrations à maintenir les sentiers en bon état et de l'initiative privée à offrir des services de qualité. Certaines pedanías ont déjà commencé à organiser leurs propres randonnées guidées, avec la collaboration d'habitants qui connaissent chaque recoin du terrain et qui agissent comme des prescripteurs naturels d'un patrimoine qui leur appartient. Ces expériences, encore naissantes, démontrent que la randonnée peut être plus qu'une activité de loisir : un outil de développement rural avec des effets tangibles sur l'économie et la démographie de la comarque.

Impact économique : la randonnée comme moteur économique local

L'impact économique de la randonnée dans les hameaux de l'Alpujarra de Motril ne se mesure plus seulement en kilomètres parcourus ou en photos partagées sur les réseaux sociaux. Une étude de l'Université de Grenade quantifie l'effet réel : chaque visiteur qui chausse ses bottes sur ces sentiers laisse en moyenne 25 euros par jour dans la restauration, l'hébergement et les commerces de proximité. Ce chiffre, apparemment modeste, s'est traduit par l'ouverture de trois nouveaux établissements de restauration à Cázulas et Los Tablones au cours des deux dernières années, une donnée qui contraste avec la tendance à la fermeture qui domine dans d'autres zones de l'intérieur de la province de Grenade.

La restauration a été le premier maillon à bénéficier de ce flux d'excursionnistes. Les anciens bars de bord de route, qui ont survécu pendant des décennies grâce à la clientèle locale, ont agrandi leurs terrasses et renouvelé leurs cartes pour accueillir un public à la recherche de produits du terroir après une journée de marche. Le flux constant de randonneurs pendant les week-ends, surtout au printemps et à l'automne, a permis de consolider des équipes qui se réduisaient auparavant au cercle familial, générant un emploi stable dans des noyaux où l'offre d'emploi se limite traditionnellement à l'agriculture.

Au-delà des bars et restaurants, le phénomène a stimulé la création de petites entreprises de tourisme actif qui opèrent depuis ces hameaux. Des guides locaux certifiés proposent des circuits commentés sur les anciens chemins de canaux d'irrigation et dans les châtaigneraies, tandis que d'autres initiatives ont misé sur la location de VTT et sur des expériences d'écotourisme incluant l'observation des oiseaux ou des ateliers d'artisanat traditionnel. Ces entreprises, gérées pour la plupart par des entrepreneurs de moins de quarante ans, ont trouvé dans la randonnée un moyen de s'implanter sur le territoire sans dépendre de la saisonnalité du tourisme balnéaire de la côte voisine.

L'hébergement rural a connu une évolution parallèle, bien que plus lente. Les maisons rurales qui se louaient auparavant par semaines complètes pendant l'été ont adapté leur offre à des séjours plus courts, pensés pour le randonneur qui passe une ou deux nuits. Les données de l'étude universitaire indiquent que la dépense en hébergement représente environ un tiers de la dépense quotidienne totale du randonneur, ce qui a encouragé plusieurs propriétaires à réhabiliter d'anciennes maisons familiales pour les destiner au tourisme rural, un processus qui contribue également à freiner la dégradation du parc immobilier de ces noyaux.

La dynamisation économique ne se limite pas aux secteurs directement liés au visiteur. Les boulangeries, les petites épiceries et les producteurs locaux de miel, de vin ou de fromage ont vu leurs ventes augmenter grâce à la demande des randonneurs qui cherchent à emporter un souvenir gastronomique de la région. Certains établissements ont commencé à proposer des produits de kilomètre zéro dans leurs petits-déjeuners et menus, créant un circuit de consommation qui profite à toute la chaîne productive locale et qui renforce l'identité du territoire comme destination de tourisme durable.

La création de ces entreprises de tourisme actif a également eu un effet multiplicateur sur l'emploi des jeunes. Les postes de guide de montagne, de moniteurs d'activités ou de responsables de location de matériel requièrent une qualification spécifique qui a conduit plusieurs jeunes des hameaux à se former dans des filières liées au sport et à l'environnement. Cette professionnalisation du secteur constitue une alternative réelle à l'émigration vers la côte ou vers les grandes villes, offrant un projet de vie lié au territoire et à ses ressources naturelles.

La mairie de Motril, dont dépendent administrativement ces hameaux, a observé ce phénomène avec attention et a commencé à intégrer la randonnée dans ses stratégies de développement local. Le balisage de nouveaux sentiers, l'aménagement d'aires de repos et la promotion conjointe des sentiers de l'Alpujarra de Motril dans les salons du tourisme actif sont quelques-unes des mesures qui visent à consolider une tendance qui, pour l'instant, repose sur l'initiative privée et le bouche-à-oreille entre amateurs de montagne.

Les commerces locaux, qui pendant des années ont vu passer les bus de touristes sans qu'ils ne s'arrêtent, ont appris à adapter leurs horaires et leur offre aux besoins du randonneur. La vente d'eau, de fruits secs, de fruits frais ou de chaussures de rechange est devenue un complément de revenus non négligeable pour des établissements qui dépendaient auparavant exclusivement de la clientèle fixe du village. Cette adaptation démontre que l'impact économique de la randonnée n'exige pas de grands investissements, mais une attitude réceptive envers un visiteur qui valorise l'authenticité de l'environnement.

La durabilité du modèle dépendra, dans une large mesure, de la capacité de ces hameaux à gérer la croissance sans perdre les valeurs qui attirent l'excursionniste. La pression sur les sentiers les plus populaires, le besoin de places de stationnement ou la gestion des déchets sont des défis qui commencent déjà à être soulevés lors des réunions de quartier, conscients que l'équilibre entre développement économique et conservation du paysage sera la clé pour que ce moteur ne s'essouffle pas.

Le rôle des administrations : investissements et plans d'avenir

L'engagement institutionnel en faveur des sentiers comme outil de lutte contre la dépopulation se concrétise par des chiffres précis. La mairie de Motril, en collaboration avec la Junta de Andalucía, a consacré 1,2 million d'euros à l'amélioration du réseau de chemins de l'Alpujarra de Motril, un investissement inscrit dans le Plan de Sostenibilidad Turística. Ce budget ne se limite pas au revêtement des itinéraires : il prévoit le balisage de nouveaux tracés, la création d'aires de repos et la réhabilitation d'anciennes voies de communication que l'abandon avait peu à peu effacées de la carte.

L'action la plus ambitieuse de ce programme est la demande officielle de classement de la Vía Verde au titre de Bien d'Intérêt Culturel. Cette reconnaissance, actuellement étudiée par la Consejería de Cultura, conférerait à ce corridor un cadre juridique de protection qui faciliterait tant sa conservation que sa promotion touristique à long terme. Les techniciens municipaux considèrent que cette mesure administrative protégerait le tracé contre de futures spéculations urbanistiques ou dégradations environnementales, garantissant que la ressource continue de générer de l'activité économique pour les hameaux pendant des décennies.

L'investissement public ne se limite pas à l'infrastructure physique ; il vise à créer un écosystème économique autour de la randonnée. Les fonds du Plan de Sostenibilidad Turística incluent des enveloppes spécifiques pour la formation de guides locaux, la création d'une marque promotionnelle propre à la comarque et le développement d'applications mobiles permettant aux visiteurs de parcourir les itinéraires de manière autonome. Ces initiatives ont pour objectif que la valeur ajoutée de l'activité reste sur le territoire, générant un emploi qualifié qui fixe la population jeune dans les noyaux ruraux.

La coordination entre administrations a été l'un des défis les plus complexes de ce processus. La mairie de Motril agit en tant qu'entité exécutrice, mais la Junta de Andalucía apporte le financement et la Diputación Provincial collabore à la conservation des tronçons situés hors du territoire communal. Ce schéma de gouvernance partagée a nécessité des mois de négociations techniques pour délimiter les compétences, bien que le résultat ait été un plan intégral abordant tant la dimension touristique que sociale du phénomène de la randonnée.

Les responsables municipaux travaillent déjà à la phase suivante du projet, qui prévoit la connexion du réseau de sentiers avec les municipalités voisines de l'Alpujarra de Grenade. L'idée est de créer un itinéraire continu permettant aux randonneurs de parcourir la comarque d'un bout à l'autre, en dormant dans les différents villages et en générant un flux économique distribué de manière plus équitable. Pour ce faire, des discussions ont été engagées avec les mairies de Cádiar, Ugíjar et Torvizcón, qui ont manifesté leur disposition à se joindre au projet.

Le financement européen joue un rôle déterminant dans ces plans d'avenir. Les fonds Next Generation, canalisés par le Plan de Recuperación, Transformación y Resiliencia, ont ouvert une fenêtre d'opportunité que les administrations locales ne veulent pas laisser passer. Les techniciens municipaux travaillent contre la montre pour présenter des projets éligibles avant la fin du délai d'exécution des fonds, prévu pour 2026. La bureaucratie administrative devient ainsi un obstacle quotidien que les équipes municipales contournent avec patience et savoir-faire.

Au-delà des infrastructures, les administrations ont commencé à aborder le problème du logement, l'un des principaux obstacles pour fixer la population dans les hameaux. La pénurie d'offre locative abordable a conduit la mairie de Motril à étudier la réhabilitation de bâtiments municipaux inutilisés pour les transformer en logements locatifs sociaux destinés aux jeunes et aux familles souhaitant s'installer dans la zone. Ce projet, encore à l'étude, compléterait les actions en matière de randonnée par une politique du logement qui s'attaquerait à la racine du problème démographique.

Le pari sur la randonnée comme outil de développement rural n'est pas exempt de critiques. Certains collectifs de riverains ont exprimé leur inquiétude quant à l'impact que la surfréquentation des itinéraires pourrait avoir sur l'environnement naturel, en particulier sur les tronçons situés dans les espaces protégés de Sierra Nevada. Les administrations ont répondu par l'élaboration d'un plan de jauges et la mise en place de systèmes de réservation préalable pour les itinéraires les plus demandés, une mesure visant à concilier développement économique et préservation du patrimoine naturel.

L'avenir immédiat passe par la consolidation des acquis et l'élargissement du rayon d'action. Le classement de la Vía Verde au titre de Bien d'Intérêt Culturel, attendu dans les prochains mois, marquerait un jalon dans la stratégie de revitalisation de la comarque. Pendant ce temps, les ouvriers poursuivent le balisage des nouveaux tronçons, l'installation de panneaux d'information et l'aménagement des aires de repos qui jalonnent les itinéraires. Le paysage de l'Alpujarra de Motril se transforme lentement, s'adaptant à un nouveau modèle économique qui cherche à réconcilier le développement avec la conservation d'un territoire unique en Europe.

Comparativa con otras comarcas: lecciones de la Alpujarra almeriense

Al otro lado de la frontera provincial, la Alpujarra almeriense ofrece un espejo donde mirarse. Municipios como Laujar de Andarax o Pampaneira han conseguido lo que la vertiente granadina aún persigue: convertir los senderos en una industria capaz de retener población. Los datos de la Diputación de Almería reflejan un incremento del 40% en las pernoctaciones de casas rurales durante los últimos cinco años, un síntoma inequívoco de que el visitante ya no pasa de largo, sino que se queda a dormir y a consumir.

La diferencia no radica tanto en la belleza del paisaje, que es comparable, sino en la gestión del producto turístico. En la comarca almeriense, las rutas de senderismo están señalizadas con una coherencia que permite al caminante moverse sin depender de aplicaciones móviles o de la buena voluntad de un vecino. Cada sendero cuenta con paneles informativos, zonas de descanso y una conexión directa con los establecimientos de hostelería local, creando un circuito económico cerrado que beneficia a toda la cadena de valor.

El modelo almeriense se sustenta sobre una red de colaboración público-privada que en Granada aún se percibe como asignatura pendiente. Las asociaciones de empresarios turísticos de Laujar o Pampaneira mantienen reuniones periódicas con los ayuntamientos para coordinar calendarios de actividades, promociones conjuntas y mejoras en las infraestructuras. Esa comunicación fluida ha permitido que las rutas se adapten a la demanda real, con una oferta que combina recorridos de dificultad baja para familias con propuestas más exigentes para montañeros experimentados.

La promoción exterior es otro de los frentes donde la Alpujarra almeriense ha tomado ventaja. Las campañas de comercialización se dirigen específicamente a mercados europeos con alta tradición senderista, como Alemania, Países Bajos o Reino Unido, con materiales traducidos y una presencia activa en ferias internacionales de turismo activo. Esa estrategia ha logrado desestacionalizar la demanda, de manera que los meses de otoño e invierno registran ocupaciones que en la vertiente granadina se consideran impensables fuera del verano.

Las cifras de población acompañan este esfuerzo. Laujar de Andarax, cabecera histórica de la Alpujarra almeriense, ha logrado estabilizar su censo en torno a los 1.500 habitantes, una cifra modesta pero que contrasta con la sangría constante que sufren localidades similares del lado granadino. Pampaneira, con apenas 300 vecinos, ha conseguido mantener abiertos sus comercios tradicionales gracias al flujo constante de excursionistas que recorren la ruta de las Alpujarras, uno de los itinerarios más consolidados del sur peninsular.

La clave del éxito almeriense reside en la concepción del senderismo como una actividad económica seria, no como un complemento folclórico. Los ayuntamientos han invertido en la creación de empleo especializado, con técnicos de turismo que diseñan productos específicos y atienden las demandas de los visitantes con criterios profesionales. Esa apuesta por la cualificación ha generado puestos de trabajo estables en zonas donde la agricultura tradicional ya no ofrece oportunidades para los jóvenes.

El contraste con la Alpujarra de Motril resulta evidente en aspectos tan básicos como la conexión entre rutas. Mientras que en Almería los senderos forman una red articulada que permite recorrer la comarca durante varios días sin repetir trazados, en la vertiente granadina predominan los itinerarios aislados, pensados para la excursión de una jornada y sin apenas opciones de pernoctación intermedia. Esa falta de continuidad limita el gasto medio del visitante y reduce el impacto económico sobre el territorio.

Las infraestructuras de acogida marcan otra diferencia sustancial. La Alpujarra almeriense ha desarrollado una red de alojamientos rurales con estándares de calidad homologables a los de cualquier destino europeo de montaña, con certificaciones que garantizan servicios mínimos y una experiencia satisfactoria. En el lado granadino, la oferta de casas rurales sigue siendo heterogénea, con establecimientos que no siempre reúnen las condiciones necesarias para competir en un mercado cada vez más exigente.

La lección que arroja esta comparativa es clara: la despoblación no se combate con subvenciones ni con declaraciones institucionales. Hace falta una estrategia integral que convierta los recursos naturales en activos económicos reales, con inversión sostenida en señalización, promoción y formación. La Alpujarra almeriense ha demostrado que revertir la tendencia demográfica es posible cuando existe voluntad política y coordinación entre los agentes implicados.

El margen de mejora para la Alpujarra de Motril es considerable, pero también lo es el potencial. Los paisajes, la cercanía a la costa y la autenticidad de sus pueblos son activos que ningún competidor puede replicar con facilidad. Lo que falta es trasladar ese potencial a una oferta estructurada, con criterios profesionales y una visión de largo plazo que trascienda los ciclos electorales.

La experiencia almeriense demuestra que el senderismo puede ser mucho más que una actividad de ocio para los fines de semana. Bien gestionado, se convierte en una herramienta de desarrollo rural que genera empleo, fija población y preserva el patrimonio natural. La pregunta flota en el aire: ¿está la vertiente granadina dispuesta a aprender de su vecina, o preferirá seguir contemplando cómo los pueblos se vacían mientras los caminos se llenan de visitantes que no encuentran motivos para quedarse?

Las administraciones locales y provinciales tienen ahora la palabra. Los fondos europeos destinados a la lucha contra la despoblación ofrecen una oportunidad histórica para acometer las inversiones necesarias, pero el dinero sin estrategia se diluye. La Alpujarra almeriense no ha hecho nada extraordinario: solo ha aplicado sentido común y constancia durante años. Ese es el modelo que la comarca de Motril debería estudiar con atención si realmente quiere frenar la hemorragia demográfica que la amenaza.

Retos pendientes: accesibilidad, transporte y servicios básicos

El espejismo del paraíso se desvanece en cuanto se intenta llegar a estas pedanías sin vehículo privado. La línea de autobús que conecta Motril con los núcleos de la Alpujarra alta ofrece apenas dos servicios diarios, un horario que convierte cualquier gestión administrativa, visita médica o trámite bancario en una odisea de jornada completa. Los vecinos que no disponen de coche, principalmente mayores y jóvenes, quedan atrapados en una dependencia estructural que condiciona su vida cotidiana y desincentiva la llegada de nuevos pobladores.

La brecha digital golpea con especial crudeza en este rincón granadino. La cobertura de telefonía móvil es intermitente y la conexión a internet por fibra óptica sigue siendo una asignatura pendiente en la mayoría de los núcleos dispersos. Esta carencia no solo frustra las expectativas de los nómadas digitales que podrían establecerse en la zona, sino que también lastra la digitalización de los pocos negocios existentes y dificulta la teleasistencia sanitaria, un recurso cada vez más necesario en una población progresivamente envejecida.

El estado de la red viaria secundaria constituye otro frente abierto. Las carreteras que serpentean entre los barrancos presentan un firme irregular y sufren desprendimientos periódicos tras los episodios de lluvia, lo que obliga a continuos desvíos y ralentiza los desplazamientos. Los vecinos llevan años reclamando un plan de mejora integral que garantice la seguridad vial, especialmente en los tramos que unen las pedanías con los núcleos urbanos de la costa, donde se concentran los servicios especializados.

La asistencia sanitaria se ha convertido en el símbolo más visible de estas carencias. El consultorio médico de Cázulas, que da servicio a varias pedanías del entorno, solo abre sus puertas dos días por semana, lo que obliga a los pacientes a desplazarse a Motril para cualquier urgencia o seguimiento médico. La apertura de un consultorio con atención diaria se ha convertido en una reivindicación histórica de los residentes, que ven cómo la calidad de vida en el territorio se resiente por una decisión administrativa que no contempla las particularidades de la dispersión geográfica.

Las administraciones han presentado iniciativas para paliar estas deficiencias, aunque los resultados se antojan lentos. El Ayuntamiento de Motril ha incluido en sus presupuestos partidas para el acondicionamiento de caminos rurales, y la Junta de Andalucía ha anunciado estudios para mejorar la conectividad digital en las zonas de montaña. Sin embargo, los plazos se dilatan y los residentes expresan su escepticismo ante lo que consideran promesas recurrentes que no terminan de materializarse en mejoras tangibles.

La cuestión de fondo radica en la rentabilidad económica de estos servicios. Las administraciones argumentan que mantener líneas de transporte regulares o consultorios médicos abiertos a tiempo completo en áreas con tan baja densidad poblacional resulta difícilmente sostenible. Los vecinos, por su parte, responden que sin servicios básicos garantizados resulta imposible fijar población, generándose un círculo vicioso que perpetúa la despoblación.

Algunas voces apuntan a soluciones innovadoras que combinan la prestación tradicional con nuevas fórmulas. El transporte a demanda, ya implantado con éxito en otras comarcas rurales andaluzas, podría adaptarse a las necesidades de estas pedanías, optimizando recursos sin renunciar a la cobertura. Del mismo modo, la telemedicina podría complementar la atención presencial en el consultorio de Cázulas, reduciendo desplazamientos innecesarios y mejorando la respuesta sanitaria.

La accesibilidad universal se presenta como otro reto pendiente. Las rutas de senderismo que han revitalizado la economía local no siempre cuentan con las condiciones adecuadas para personas con movilidad reducida, lo que limita un segmento turístico en crecimiento. La adecuación de algunos tramos y la señalización inclusiva podrían ampliar el abanico de visitantes y, con ello, las oportunidades de negocio para los emprendedores locales.

El transporte público, más allá de la conexión con Motril, adolece de una falta de interconexión entre las propias pedanías. Los desplazamientos entre núcleos vecinos requieren en muchos casos pasar por la capital municipal, lo que multiplica los tiempos de viaje y encarece cualquier actividad económica que requiera movilidad. Una red de transporte comarcal coordinada, que conecte las pedanías entre sí y con los municipios limítrofes, podría dinamizar un tejido productivo que hoy se encuentra fragmentado.

La presión sobre los servicios básicos se intensifica durante los fines de semana y periodos vacacionales, cuando la población flotante se multiplica por la afluencia de visitantes y propietarios de segundas residencias. Los recursos existentes, dimensionados para una población censal reducida, se ven desbordados puntualmente, generando tensiones entre residentes habituales y temporales que requieren una planificación más flexible.

El futuro de la Alpujarra de Motril no depende exclusivamente de la promoción de sus senderos, sino de la capacidad de las administraciones para abordar estas carencias estructurales. La apuesta por el turismo activo ha demostrado su potencial como revulsivo económico, pero difícilmente podrá consolidarse si quienes visitan la zona no encuentran unas condiciones mínimas de habitabilidad que inviten a quedarse. La mejora de la accesibilidad, el transporte y los servicios básicos se configura así como la condición indispensable para que el senderismo deje de ser una simple anécdota turística y se convierta en el motor de un verdadero proyecto de revitalización territorial.

El futuro: ¿puede el senderismo revertir la despoblación?

El geógrafo José Antonio Camacho, profesor de la Universidad de Granada, prefiere alejarse de los dogmas cuando se le pregunta por el futuro de la comarca. En su análisis, el senderismo no es una panacea que vaya a devolver por sí solo los habitantes que se han marchado, pero sí constituye un engranaje fundamental para reactivar una economía que lleva décadas estancada. La clave, sostiene, está en entender que las rutas y los miradores son solo la punta de lanza de una estrategia mucho más compleja que debe abordar carencias estructurales.

El experto incide en que la creación de empleo vinculada al mantenimiento de senderos, la hostelería o las empresas de guías genera un tejido productivo que antes no existía en las pedanías de la Alpujarra de Motril. Esa actividad económica, por modesta que sea, actúa como un imán para que algunos jóvenes consideren quedarse o regresar. Sin embargo, Camacho advierte de que este impulso inicial se diluirá si no se acompaña de políticas decididas en materia de vivienda, servicios públicos y digitalización.

El reto de fondo es evitar que estos núcleos rurales se conviertan en meros escenarios turísticos, decorados pintorescos que se visitan los fines de semana y se abandonan el resto del año. La transformación debe ser más profunda: conseguir que la gente quiera vivir aquí, no solo contemplar el paisaje. Para ello, los ayuntamientos y la Diputación tienen la palabra, con iniciativas que van desde la rehabilitación de casas vacías hasta la mejora de la conectividad por carretera.

La digitalización aparece como un factor diferencial en este tablero. Un nómada digital que puede teletrabajar desde una casa con vistas a la vega necesita una fibra óptica fiable, no una señal intermitente que le obligue a volver a la ciudad. En este sentido, las inversiones en infraestructuras tecnológicas son tan importantes como la señalización de una nueva ruta de montaña. Sin esa base, el senderismo se queda en una experiencia de un día, sin capacidad de retener población.

Los datos demográficos de la zona siguen siendo preocupantes, con una media de edad que supera los cincuenta años en varias pedanías y una natalidad que no alcanza la tasa de reemplazo. Los expertos consultados coinciden en que el senderismo no revertirá esta tendencia por sí solo, pero sí puede ser el catalizador que haga atractiva la zona para nuevos proyectos vitales. La combinación de naturaleza, tranquilidad y una economía mínimamente activa es un cóctel que ya está funcionando en otras comarcas del sur de Europa.

La experiencia de la vecina Alpujarra almeriense demuestra que el camino es posible, aunque no exento de dificultades. Allí, el turismo de naturaleza ha logrado fijar población en municipios que hace veinte años parecían condenados al abandono. La diferencia, apuntan los especialistas, está en la capacidad de las administraciones locales para tejer alianzas con el sector privado y con los propios vecinos, evitando que la especulación turística expulse a quienes aún resisten.

En la Alpujarra de Motril, el futuro se juega en la capacidad de convertir los senderos en una herramienta de desarrollo integral, no en un fin en sí mismos. Las rutas que serpentean entre bancales y acequias son el escaparate, pero la verdadera batalla contra la despoblación se libra en las escuelas, los centros de salud y las oficinas bancarias. Si esos servicios básicos no están garantizados, ningún sendero, por espectacular que sea, logrará que una familia decida echar raíces en estas montañas.

Los próximos años serán decisivos para comprobar si las inversiones anunciadas se materializan en mejoras tangibles para los residentes. La administración autonómica ha mostrado sensibilidad hacia el problema, pero la coordinación entre las distintas consejerías y los ayuntamientos de la comarca sigue siendo una asignatura pendiente. Mientras tanto, los vecinos que han decidido quedarse miran con esperanza cada nueva señalización, cada grupo de excursionistas que llena los bares del pueblo, cada proyecto que promete traer algo de vida a sus calles.

La pregunta de si el senderismo puede revertir la despoblación no tiene una respuesta única. Depende de cómo se gestione, de qué políticas lo acompañen y de la voluntad colectiva de no convertir estos pueblos en museos al aire libre. Lo que parece claro es que, sin esta actividad, el panorama sería aún más desolador. El senderismo no es la solución mágica, pero es una de las pocas cartas que quedan sobre la mesa para intentar cambiar el rumbo de una comarca que se resiste a desaparecer del mapa.

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A

Alejandro Ortega

Directeur de la Publication • Club Costa Tropical